La banane, it-bag en (re)devenir?

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Banane Urban Outfitters

Banane Urban Outfitters

Urban Outfitters belt bag

Si vous avez déjà ressorti vos Timberland cet hiver et investi dans les méduses girly de Princesse Tam-Tam, ce message d’espoir s’adresse à vous. M’est avis que, au train où vont les come back fulgurants des accessoires les plus improbables des années 1990, le retour de la banane est imminent. Les hipsters de Moscou, plus pointus tu meurs, l’ont déjà adoptée et c’est un présage en soi. Mais soyons un peu sérieux et pensons démonstration. Quels signes précurseurs avancé-je pour oser annoncer un tel cataclysme?

#1. C’est pratico-moche, c’est sportswear, c’est 1990′s : c’est trop préhipsterique t’as vu.

On a compris le truc à force. Pour être dans le vent en 2013 et probablement dans les cinq années à venir, il faut arborer une frusque importable tout droit sortie des années 1990, années de honte du style s’il en est. Parce que c’est tellement moche et absurde que ça devient stylé, comme les Birckenstock fourrées de Céline (tout fait sens, eh). Ressortez vos bandanas et vos Pogs aussi, on ne sait jamais.

#2. Et puis on commençait à se lasser du sac à dos.

Le problème avec le style hipster, c’est qu’il s’épuise à essayer de courir plus vite que son ombre. Plus vite que les photographes de street style qui propagent ses dernières trouvailles dans toute la planète, plus vite que la mondialisation de la mode. Plutôt épuisant. Donc en quelques mois, le sac à dos est passé du statut de sommité de l’excentricité pointue, à celui de banalité sans nom. La banane c’est tout aussi laid, tout aussi plein de poches (la poche à fermeture éclair : so 90′s), mais encore plus introuvable et impossible à porter : le parfait combo.

#3 Un bon potentiel pochette de soirée.

L’anti sac à dos de hipster, jusqu’ici, c’était un peu la pochette de soirée. Féminine et précieuse à souhait, absolument pas ergonomique car quasi impossible à balader toute une soirée et dotée d’une capacité extrèmement limitée… Ce que le glamour a inventé de plus cruel. Après le stiletto. Abandonnons tout sens commun et parions ceci : il y aura bien un designer fou pour penser à tenter le croisement explosif de la so chic pochette et de la so flasque banane. Ca donnerait une banane à sequins à fermer d’un clac, une pochette à scratch… Et ça irait avec les Birckenstock velues de la mort.

Wheatus – Teenage dirtbag

Is belt bag a future it-bag?

If you wore Timberland yellow boots last winter and bought those plastic shoes by Princesse Tam-Tam, the following message of hope is addressed to you. Considering the amount of awkward accessories form the 1990′s that have recently made their come-back, we can assume that the come-back of belt bags is imminent. Moscow hipsters already have adopted it, and this could be a sufficient omen. But the signs are more numerous than just this one.

#1. It’s practical, ugly and sportswear, it’s so 1990′s and prehipsteric, you see.

We know it, to be hype in 2013 and probably during the five years to come, you have to wear something really unwearable from the 1990′s, these years of fashion shame. Because if it is ugly and absurd enough, it becomes stylish, just like Céline’s fur-lined Birckenstocks (everything makes sense dude). So go and look for your old bandana and your Pogs, you never know.

#2. And we were starting to be fed up with backpacks.

The problem with hipster style is that it is loosing its breath by means of trying to run faster than its shadow. Faster than the street style photographers who spread its latest inventions worldwide, faster than fashion globalization. And this is rather exhausting. So in a few months only, backpacks have stopped being the summum of edgy excentricity to become nameless banalities. Belt bags are also ugly, full of pockets (zip pockets : so 90′s), but much less wearable than a backpack : perfect combo.

#3. A good potential for a clutch.

The opposite of hipster backpacks are undeniably clutches. A clutch is feminine, precious and not ergonomic at all because you always have issues to corry it or to carry anything more than your credit card and lipstick in it. In short, the most cruel thing glamour has ever invented. Let us give up all common sense and bet this : there will be at least one designer who will be crazy enough to try the explosive combination of the so chic clutch and the so flabby belt bag. It would look like a sequins embellished belt bag or a clutch to close with a scratch… And it would perfectly match your Celine Birckenstocks.

Quels emplois de Modasses pour inverser la courbe du chômage? [humour inside]

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Carry Assistant

L’assistante dressing de Carrie Bradshaw, pionière de l’emploi d’avenir de Modasse.

Carrie Bradshaw’s dressing room assistant, pioneer in the field of anti crisis jobs.

Bon, la France va mal, les enfants. Puisque la lettre ouverte semble être le it-politico-littéraire des périodes de crise, nous Modasses de la République tâchons de prendre la parole pour changer les choses dans la mesure de nos petits moyens et, qui sait, faire en sorte que la courbe du chômage se calme un peu.

Président, si tu m’entends, ne cherche plus : la réponse à tes maux est quelque part entre la Russie, (feux) les emplois d’avenir de Martine Aubry, et ta cravate. Comme Martine, les Russes sont passés maîtres dans l’art d’inventer des métiers qui ne servent à rien. Et ça marche. Dans une société où on peut être surveillant préposé aux escalators du métro, agent apposeur de tampon de l’université, assistants de tourniquets automatiques ou fournisseurs d’explications inutiles pour les utilisateurs des photomatons, le chômage, on ne connaît pas vraiment.

Quelque chose me dit que plus d’une Modasse serait enchantée que ces emplois anti-crise servent de modèle à la création de postes à haute valeur superficielle ajoutée. Top 10 des postes d’intérêt modesque général à créer en urgence.

#1. Agent recentreur de cravate présidentielle.

Intégré à l’équipe sécurité qui entoure le chef de l’Etat, vous secondez son sens du style et le protégez contre l’éventualité d’un incident vestimentaire impliquant une soie rebelle. Doigts de fée et maîtrise du noeud Windsor exigés.

#2. Personal shopper spécialisé en impartialité.

Parce que de temps en temps on aurait bien besoin d’entendre que cette robe nous vieillit de vingt ans, que c’est juste la lumière de la cabine qui nous donne l’air d’une loutre en maillot de bain, ou que ce petit t-shirt à 200 euros qu’on s’apprête à acheter existe aussi chez H&M.

#3. Agent douceur pour blouses en soie.

Mais non ça ne fait pas marque de lessive. Si? Si. Si les agents douceurs existaient, on pourrait échapper à l’esclavage de toutes ces frusques estampillées "lavage délicat" et "nettoyage à sec" qui nous transforment en maniaques de l’absence de plis et en obsédées de la douceur. Libération.

#4. Assistant comptable alimentaire.

Pour être sûr d’avoir son compte de cinq fruits et légumes par jour. Et pour celles qui en sont à peaufiner leur ligne avant l’été, l’assistant comptable alimentaire prendrait tout son sens accompagné de son accolyte…

#5. Assistant motivation sportive.

C’est certain, si on avait quelqu’un pour nous réveiller en nous chantant les bienfaits du sport, on finirait bien par trouver la motivation d’aller courir sous la pluie.

#6. Coordinateur couleurs et imprimés.

Ce n’est pas parce qu’on nous vend le mélange d’imprimés comme la tendance du moment que c’est devenu une activité sans risque. Pour ne pas virer cagole moscovite et mélanger imprimé léopard xxl et imprimé fleuri multicolore (true story vue dans le métro cette semaine), on ferait appel à l’oeil infaillible d’un coordinateur qui vivrait posté jour et nuit devant notre dressing, à l’affut de la moindre erreur fatale. Et pour notre Jules on pourrait même investir dans l’option coordination cravate / chemise / boutons de manchette.

#7. Concessionnaire de chaises à porteurs pour fins de soirées.

Les semelles scholl c’est une belle invention mais grand dieu, après toute une nuit à user le dancefloor sur douze centimètres de talons, on aimerait bien qu’une bonne âme nous porte jusqu’à notre lit. Des chaises à porteur qui nous attendraient à la sortie des clubs à la place des taxis, ça serait royalement chic. Et écolo qui plus est.

#8. Expert dompteur de mèches rebelles.

Pour les franges qui ont la fâcheuse manie de se séparer en deux, les mèches qui tombent dans l’oeil, ou la tignasse de votre homme qui pousse des petits cris de détresse.

#9. Coach cheveux raplaplas.

Il n’y a pas que la courbe de la croissance qui tire la tronche. Si on avait un coach sous la main les matins de bad heir day, nul doute qu’il saurait trouver les mots pour regonfler le moral de notre tignasse. Et le nôtre avec, tiens.

#10. Expert optimisateur de dressing.

Pour faire nos ménages de printemps à notre place, ranger nos escarpins et trier nos robes par couleur

The Rakes – Just a man with a job (Gainsbourg cover)

France is in a bad place, they say. And since open letters seem to be a politico-literary it during times of crisis, we, republican Modasses, try to speak in order to change things how we can and, who knows, maybe doing so that the curve of unemployment settles down a bit.

Mister President, if you hear me, the answer to your problems is somewhere between Russia, Martine Aubry’s (late) « emplois d’avenir », and your tie. Just like Martine, Russian really master the art of creating useless jobs. And it works. In a society where you can work as an escalator guard, a Moscow University stamp officer, an automatic turnstile assistent or a provider of useless explanations for photo booth users, you don’t really know what unemployment means.

Something tells me that more than one Modasse would be delighted if those anti-crisis jobs would be used as a model for the création of highly superficial positions. Top 10 of the jobs of general modasse interest to be created asap.

#1. Presidential tie officer.

Working inside the security team in charge of the French President, you will have to assist his sense of style and to protect him against the eventuality of a clothing incident implying rebel silk. Delicate fingers and mastering of Windsor tie knot are required.

#2. Personal shopper with a specialization in impartiality.

Because sometimes you just need to heat that this dress makes you look 20 years older, that it is just because of the light in the fitting rooms if you look like an otter in this bathing suit, or that this nice 200 dollars t-shirt you are about to buy also exists at H&M.

#3. Softness officer for silken blouses.

Who said it sounded like a brand of washing powder ? Ok fine. If Softness officers existed, maybe we could stop being slaves to all our clothes stamped « clean with care » or « dry care only ». Freedom !

#4. Food accountant assistant.

To be sure you do eat five fruit or vegetables every day. And for those who are on a diet before summer, a food accountant assistant would be all the more efficient as he would be employed with his buddy…

#5. Sports motivation assistant.

For sure if we had somebody to wake us up every morning singing the benefits of sports, we would eventually find the motivation to go jogging in the rain.

#6. Prints and colours coordinator.

Just because mixing prints is a huge trend nowadays doesn’t mean that is has suddensly become a risk-free activity. If a prints and colour coordinator would stay 24/7 in our dressing, making sure we never commit a fatal error, we would certainly never end up taking the metro with flower printed jeans and a leopard shirt like the Muscovite I saw last week. And for your boyfriend you could even invest in the tie/shirt/cufflinks coordination option.

#7. Sedan chairs dealer for party nights.

Scholl’s soles are a great invention but goodness, after one night spent using the dancefloor on your 12 centimetres high heels, you wish that someone would carry you to your bed. Those sedan chairs would wait for us at the exit of the clubs instead of the taxi line, and that would be royally chic. And what is more, ecologic.

#8. Tamer expert for rebel locks.

For fringes which keep separating in two parts, locks that fall in your eyes, or your man’s hair.

#9. Coach for flat hair.

Not only economical datas are down. If we had a coach with us for bad hair days, there is no doubt that he could find the words to cheer up our hair. And cheer us up too, by the same occasion.

#10. Dressing optimization expert.

To do spring cleaning for us, take care of our collection of pumps and classify our dresses by colour. Oh, and to make our dressing room looking like Carry’s too : it would be just perfect.

Que voir à Moscou #3 : 200 ans de mode en Russie avec l’expo "Мода в зеркале истории"

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Dans la série "qu’est-ce qu’il y a comme trucs à voir à Moscou, господи!", l’exposition "Мода в зеркале истории" (la mode dans le miroir de l’Histoire) est sans conteste un incontournable. Et pas seulement parce que, miracle, elle dure plus de deux semaines contrairement à la plupart des expos moscovites. L’exposition rassemble des vêtements de l’aube du XIXème à la fin du XXème siècle, le tout orchestré par Alexandre Vassiliev, excentrique jovial et grisonnant que vous avez peut-être vu officier en qualité de fashion police dans le show "Модный приговор" (le jugement mode) sur la chaîne Первий Канал. Ce pape de la mode russe a aussi prêté une partie de son impressionante collection personnelle pour l’occasion.

On parle ici d’un des (trop) rares événements qui parviennent à faire passer la mode du côté non superficiel de la force, d’une expo qui se propose de scruter le vêtement au delà de sa couche de strass (on est en Russie quand même) pour y déceler avec finesse ce qu’il traduit de son époque. Au fil des salles l’on voit ainsi défiler des vêtements, des accessoires, des objets de la vie quotidienne ou même des revues de mode, qui brossent un portrait vivant de l’âge d’or de la Russie impériale, de son déclin jusqu’à la Révolution d’Octobre, et des différentes périodes de l’URSS, depuis la sévérité stalinienne jusqu’au réchauffement strass et paillettes des années 1980. Sélection.

# L’aube du XIXème siècle: style empire et épure en nuances de blanc.

Vitalic – Fade away (C2C remix)

What to see in Moscow #3: 200 years of Russian fashion with the exhibition "Мода в зеркале истории".

Talking about the incredibly numerous cultural events in Moscow, "Мода в зеркале истории" (fashion in the mirror of history) is indisputably the kind of exhibition you just cannot miss. And not only because it is a miracle that it should last more than two weeks, unlike most of the exhibitions in Moscow. "Fashion in the mirror of history" gathers pieces of clothing from the very early 19th to the end of the 20th Century, and is organized by the nicely excentric Alexander Vassiliev, whom you might have seen playing the fashion police in the show "Модный приговор" (fashion judgement) on the Russian TV channel Первий Канал.

We are talking about one of the few events that manage to show what is not so superficial about fashion, an exhibition that scrutinizes clothing and sees below its layer of strass ( remember this is Russia) to find out what clothing says about history. Throughout the exhibition you can thus admire clothes, accessories, objetcs from the everyday life or even fashion magazines, which create a lively picture of the golden age of imperial Russia, of its decline until the October Revolution, and of the different periods of USSR, from Stalinan severity to the glittering warming of the 1980′s. Here is a selection.

# Early 19th Century: Empire style in shades of white.

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Ce qui frappe quand on rentre dans la première salle, c’est un vaste sentiment de déjà vu. Des robes à la taille haute soulignées d’un ruban pastel, au décolleté droit encadré de manches ballon, ça ne vous rappelle pas quelque chose?

What strikes you as you enter the first hall is a feeling of deja-vu. High-waisted dresses embellished with pastel ribbons and straight neck lines framed by delicate puff sleeves, doesn’t that ring a bell?

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Le Sacre de Napoléon, Jacques-Louis David, 1807.

"Napoleon’s coronation", Jacques-Louis David, 1807.

On parle bien sûr du style empire, ce style qui s’inspire de l’empire romain pour mieux célébrer la gloire de notre Napoléon national. Est-il besoin de rappeler qu’à l’époque où les dames russes de la haute se faisaient faire des robes façon Joséphine et assomaient leurs tailleurs de journaux de mode tout droit venus de Paris, leurs maris jouait du canon à Borodino pour bouter le Français hors du sol de la Sainte Mère Russie? Mais les Russes ne sont pas à un paradoxe près. On retrouve par ailleurs l’influence de la mode parisienne comme un leitmotiv au fil de toute l’exposition.

We are of course talking about Empire style, that style which was inspired by Roman Empire and used as a means to celebrate the French emperor’s glory. Ironically, while Russian ladies had that kind of dresses made in order to look like empress Josephine, their husbands were fighting at Borodino to chase the French away from Holy Mother Russia’s soil. Russia is full of paradoxs. And speaking about it, the influence of parisian fashion is palpable throughout the exhibition.

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# Puritanisme faux-cul.

A la candeur romantique du style empire succède un style à la fois plus puritain et plus opulent. On planque les décolletés au profit d’une boutonnière stricte, mais on ressort les soieries à motifs parfois indigestes, on gonfle ses jupes de crinolines, on saupoudre le tout de dentelle, de camées et de bijoux…

# So called puritanism.

The romantic ingenuousness of Empire style is followed by a both puritan and opulent style. The chest is hidden by a strict boutonniere, but the dresses are overwhelmed by silk fabrics with indigeste prints, swollen by huge crinolines and scattered by lace and jewels.

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IMG_1303Mais sous couvert d’être des dames respectables au corps chastement barricadé, les Modasses de l’époque avaient inventé une arme fatale dont on voit plusieurs beaux specimens : le faux-cul, cet appendice greffé derrière la taille des robes, qui se balance dans l’indécence la plus totale dès que l’on fait un pas.

Yet, under the cover of being respectable ladies with their bodies chastely locked in, the Modasses of that time had invented a fatal weapon: the faux-cul, a fabric appendix grafted behind the waist, which swings in the most indecent way with every step you take.

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Les it-accessoires de l’époque ne sont pas laissés en reste, on admire ainsi une belle sélection de gants, de souliers brodés, de binocles et d’éventails, parmi lesquels on tombe en arrêt devant… un sac Dolce & Gabbana qui s’est trompé de siècle, et les loafers de Kanye West.

Some of the it-accessories of that time are shown too, and you can admire a nice selection fo gloves, embroidered shoes, glasses and fans, among which you are going to stop short in front of… a Dolce & Gabbana-like bag and a 19th Century version of Kanye West’s loafers.

Sac brodé

Sac brodé, Russie, deuxième moitié du XIXème sièlce

Embroidered bag, Russia, second half of the 19th Century.

Miss Sicily Dolce & Gabbana

Sacs Miss Sicily, Dolce & Gabbana, printemps été 2012.

Miss Sicily bag, Dolce & Gabbana, spring summer 2012.

Loafers Pantoufles rebrodées d’or, Moscou, XIXème siècle.

Gold embroidered slippers, Moscow, 19th Century.Kanye West loafers

Loafers de Kanye West, CFDA awards 2011.

Kanye West’s loafers, CFDA awards, 2011.

# Et pendant ce temps là, chez les moujiks…

En marge de ces opulentes toilettes, apanage exclusif de l’aristocratie huppée et de la grande bourgeoisie du XIXème siècle, l’exposition montre aussi les vêtements que portaient à l’époque les catégories sociales plus modestes. Des tenues en lin presque exclusivement, brodées de motifs géométriques tout à fait dans la tendance de cet été. Et oui.

# Meanwhile at the moujiks’…

On the fringes of those opulent outfits, which were exclusively designed for the top of the aristocracy, the exhibition also shows what used to wear people from more modest backgrounds. Those are linen clothes, embroidered with red, blue and black geometrical prints that are totally in this season’s trend.

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Russie, fin XIXème siècle.

Russia, end of the 19th Century.

Jupe Zara

Jupe Zara, printemps été 2013.

Zara skirt, spring summer 2013.

# L’URSS côté bling.

Au XXème siècle, changement d’ambiance, modernisation et… déception. On s’attend à du dressing prolétaire, à de la sappe de kolkhozienne, et rien de tout ça. Les vêtements exposés ont appartenu à des femmes d’ambassadeurs, des danseuses étoile ou des vedettes du grand écran, autant de happy few qui avaient accès à ce qui se faisait de mieux à l’époque, et qu’on exhibait parées de leurs plus beaux atours histoire d’en mettre plein la vue à l’occident. On peut ainsi admirer de la fourrure à foison, des photos de clubs de jazz soviétique très chic (pardon?!), et même un tailleur Chanel.

# The bling side of USSR.

Then comes the 20th Century: modernization and… disappointment. You might expect proletarian dressing, kolkhozian fashion, but none of this is displayed. Most of the clothes that are displayed used to belong to  embassadors’ wives, to ballet dancers or movie stars, the kind of happy few to have access to the most beautiful and expensive dresses of the time. They were displayed in their most impressive outfits, to show off western countries. As a result, you will see many luxury furs, pictures from posh sovietic jazz clubs (no kidding?) and even a Chanel suit.

xxe 3xxe 4xxe 5xxe 6Là encore, démonstration de hypitude oblige, l’inspiration de la couture occidentale est palpable. On bave ainsi devant de splendides robes charleston en mousseline rebrodée de pierres datant des années 1920, dans les 1950′s les tailleurs moscovites réinterprètent le New Look à la sauce russe, dans des robes corolle en organza pastel, et dans les années 1980, le look des chanteuses à succès n’a rien à envier aux stars américaines.

Then again, because of that demonstration of hipness, you can really feel the inspiration of Parisian couture.  Magnificent charleston dresses embellished with pearls from the 1920′s, Russian interpretations of Christian Dior’s New Look in the 1950′s, and in the 1980′s the scene outfits of Russian successful singers could compete with American stars.

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Au fil du XXème siècle, on voit aussi s’affirmer une tendance à réinterprêter le costume traditionnel russe, tendance qui culmine aujourd’hui avec un créateur comme Valentin Yudashkin. Dès la Belle Epoque, les manches des robes sont bordées de fourrure précieuse; pendant les années folles la coupe trapèze des robes paysannes et le kokoshnik, diadème traditionnel, sont revisités façon Gatsby. Mais c’est sans doute les années 1970, avec l’avénement du folk, que le vestiaire populaire refait véritablement surface dans des tuniques de lin brodées et des robes looses. Un bel hommage aux racines de la mode russe.

Throughout the 20th Century, you can also feel that the trend of revisiting traditional Russian costumes is progressively asserting itself, a trend that climaxes today in the work of Valentin Yudashkin. In the early 20th century, the sleeves of the dresses are already embellished with fur; during the roaring twenties the traditional country outfit and the kokoshnik tiara are revisited in a Gatsby way. But is is undoubtedly in the 70′s, with the success of folk, that traditional clothing makes its come back in the most visible way, in linen embroidered tuniques and loose dresses.  

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