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Dictionnaire abrégé pour s’y retrouver et briller en société.

1. Il n’y a pas de vêtements, il n’y a que des « pièces ».

La vraie Modasse n’est pas juste une acheteuse compulsive ou une vulgaire psychopathe du chiffon. Ou du moins, elle met sa carte bleue au congélateur fait de gros efforts sur elle-même pour ne pas l’être. Le rapport qu’elle entretient au vêtement est un rapport d’esthète. Parler de pièces, c’est quitter les considérations bassement matérielles du vêtement pour le projeter dans les hautes sphères du presque-art. Soyez snob et visionnaire jusqu’au bout, arrêtez de dire « mon dressing » et parlez plutôt de « mon musée » ou « ma collection ».

2. Et soudain, les chaussures deviennent des gens.

Le « J’aime bien tes chaussures, tu les a trouvées où ? » ou, bien pire « tu les as achetées où ? » est d’une trivialité mortelle, qui sent un peu trop le centre commerciale et la file d’attente des cabines d’essayage. Rappelez-vous, ces chaussures ne sont pas un accessoire : ce sont des pièces. Et c’est leur créateur qui leur donne une âme, voyez-vous. Désormais vous direz donc « j’aime bien tes chaussures, c’est qui ? ».

3. « Je ne lis pas Elle, je lis LE Elle».

Qui dit Modasse dit lectrice assidue de la presse. Lectrice professionnelle, parfaitement. En tant que telle, la Modasse a fait siennes les expressions des pros du milieu. L’usage de l’article devant le nom du magazine peut sembler anodin, mais prêtez l’oreille et jugez vous-même, c’est un moyen quasi infaillible de différencier les vraies Modasses des contrefaçons.

4. « Je ne lis pas Vogue, je lis le Vogue PARIS ».

Ça se complique. En tant que quasi pro de la presse, la Modasse se cultive à l’échelle planétaire. Vous lui parlez de « Vogue tout court » alors qu’elle vient de finir de lire le september issue (l’utilisation de la VF est interdite sur cette expression) du Vogue US, elle ne vous comprend pas. Précisez, merde quoi.

5. Le bordeaux est mort, vive l’aubergine.

Non, ceci n’est pas une recette de ratatouille codée. La mode étant un éternel recommencement, les couleurs changent de nom tous les ans. Que dis-je, à chaque saison. Rattrapage : le bordeaux de jadis s’appelle désormais aubergine, ou si vraiment vous tenez à briller en société, « burgundy ». Le bleu de cette saison est exactement le bleu Klein de 2007, mais ne confondez pas, il s’appelle désormais « bleu dur ». Le vert bouteille est banni de votre vocabulaire depuis environ 254 ans, ne parlez que de vert émeraude. Et bien entendu, le camel n’est ni du beige ni du marron.

6. « De deux mots, ne choisis jamais le moindre. »

Un adage détourné d’une citation de Socrate de Modasse qui peut vous sauver de tous les faux pas. Dans tous les cas, le vocabulaire de la mode s’enrichit d’année en année d’un supplément d’âme poétique. L’imprimé serpent devient « imprimé reptile », la jupe au genou est à présent une « jupe midi ». Facile de devenir précurseur du Larousse des Modasses, il suffit de faire preuve de créativité et de dépoussiérer des expressions de derrière les fagots.

Amen, amen, je vous le dis : le jais est le nouveau noir, le pompier est le rouge de demain, et quand le camel sera mort, on s’habillera tous en armagnac.

D’autres idées pour enrichir le Larousse des Modasses ?

Something a la Mode – Rondo Parisiano

How to speak like a Modasse ?

Sorry, English readers, this post is mostly about funny French speaking habits. We’ll do our best to translate as accurately as possible this Modasse Dictionnary.

1. There are no clothes, there are only “pièces”.

A real Modasse is not just a compulsive shopper, nor is she a vulgar clothes psychopath. Or at least, she puts her credit card in the freezer does her best not to be one. The relationship she has with clothing is an aesthetic relationship. Talking about “pièces” [“piece” and “part” are very approximative translation, yet the idea is there]means forgetting the trivially material condition of clothes, and to consider them almost as works of art. Be even more snobbish and visionary, stop saying “my dressing” and talk about your “personal museum” or your “collection”.

2. And suddenly, shoes become people.

Forget about the question “nice shoes, where did you get them?”, or even worse “where did you buy them?”: it is far too trivial and remind a bit too much of the atmosphere of a shopping mall. Ew. Remember: these shoes are not just accessories, they are “des pièces”. And it is their designer who gives them her soul, you see. From now on you shall say “nice shoes, who is it?”

3. « I don’t read Elle, I read « le » Elle »

A Modasse is also always a regular reader of the press. A professional reader, indeed, so it is no wonder that she adopted the expressions of that world. Using “le” before the name of the magazine can sound insignificant, but listen and see for yourself: it is an infallible means to make a difference between real and fake Modasses.

4. « I don’t read Vogue, I read the US Vogue »

It is getting tougher. As a semi-professional of the press, a Modasse educates herself on a global scale. You are talking about “just Vogue” when she just finished reading “le” Vogue Paris’ September issue, she cannot understand what you mean. Be more precise, for heaven’s sake.

5. Bordeaux is dead, long live burgundy.

No, this is not an encoded oenology lesson. Since fashion is about making new things with old ones, colours names change every year. I mean, every season. A little help to catch up: the late “bordeaux” is now called “burgundy”, or if you really want to look brilliant, say it in French: “aubergine”. This season’s blue is exactly the same as in 2007, but the French now call it “bleu dur” [litteraly, “hard blue”. Sounds awkward.] And of course, you should say “emerald green”.

6. Think complicated.

It is a motto which can save you from many a faux pas. In any case, fashion vocabulary is getting richer and richer every year, and always in a more poetic way. Snake prints become “reptile prints”, after the mini skirt we now talk about midi skirts. It seems easy to predict what will be in next years’ Modasse Dictionary, you just have to be creative and to dust off a few old fashion words. Amen, amen, I say to you: crow is the new black, fireman is tomorrow’s red, and when beige is dead, we’ll all dress in Armagnac.

Other ideas to add to the Modasse Dictionnary?