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CelineFW1213Question existentielle posée très justement par Marguerite à la vue de cette campagne Céline (starring des mannequins frappés par la grippe, avec le teint cireux et des cernes en bonus).

Vous pensiez que la mode, ça servait à mettre un peu de beauté dans ce monde triste et gris? Niais idéaliste, vous n’y êtes pas du tout. Ça, c’était avant. Avant que tout ne commence à déraper, il y a quelques années, à petits coups discrets de t-shirts tie-and-dye, de sabots et de sneakers compensées. Le beau, c’est so 2010! Si vous n’êtes pas convaincu, voyez plutôt.

Miss Platnum – Give me the food

1. Céline et le make-up dépressif-chic.

An existential question very accurately asked by Marguerite, as she discovered Celine’s fall-winter 2012-2013 campaign (starring models suffering from the flu, with waxen carnations and huge shadows under the eyes).

You thought fashion was about putting a little beauty in this grey sad world? You silly idealistic, you don’t get it. That was before everything started getting out of control a few years ago, with little vicious trends such as tie-and-dye t shirts, clogs and platform sneakers. Beautiful is so 2010! If you are not convinced yet, look at this.

1. Céline and the depressive-chic make-up.CelineTeintAspirine

Dans la campagne Céline de cet hiver, sous prétexte de minimalisme, on nous montre des visages fatigués, des traits tirés sur fond de teint blafard réhaussé de cernes. Et comme si ça ne suffisait pas, on couronne le tout d’un cheveu filasse à effet gras, ambiance je viens de passer une semaine clouée au lit à boire des grogs dans un pyjama en pilou.

L’explication d’un tel désastre esthétique? Céline aurait voulu faire plus pointu que pointu, ce qui s’avère un peu casse-gueule quand on connaît le degré de perfection qu’ont déjà atteint les dernières collections. Pour faire pointu donc, on ne change pas une équipe qui gagne, on pousse à l’extrême le côté design et épuré du vêtement. Soit. Là où ça coince, c’est lorsque l’on fait subir le même sort au mannequin: moins de tape à l’oeil dans la coiffure, moins de couleur sur la peau, moins d’artifice… Et le nude finit par flirter avec la tendance teint cachet d’aspirine.

2. COS et son ode au bas de contention.

In Celine’s campaign this winter, under the pretext of being minimalistic, they show us tired faces, drawn features and huge shadows under the eyes, on a wan complexion. And as if it was not enough, add to this flat and greasy hair giving a I-just-spent-one-week-stuck-in-bed-drinking-grogs-in-my-PJs effect. 

The explanation of such an aesthetic disaster? Céline might have wanted to do edgier than edgy, which is a bit risky when you know the degree of perfection reached by the brand in the latest collections. To do more edgy, they decided to enhance the graphic and uncluttered side of the clothes. Fine. What is not a good idea is to do the same with the model’s face: less showy hair, less colour in the make-up, less tricks… And the nude ends up flirting with an aspirin-white complexion.

2. COS: an ode to content stockings.

COSFW1213

Même phénomène chez COS, en effroyablement pire. L’image parle d’elle-même. On avait déjà du mal à gober le retour de la socquette, alors des bas de mamie à reflet marronnasse… Les mots nous manquent. On ne se laisse pas désarçonner pour autant, et on n’oublie pas de remarquer que ces bas de contention 2.0 sont accessorisés d’une chemise sévèrement boutonnée jusqu’en haut, d’une chevelure totalement sous contrôle et d’une expression à la The Ring. A côté d’un look aussi (f)rigide, l’austérité budgétaire, c’est le pays de Candy.

3. Louis Vuitton et l’avènement du look sac.

Same phenomenon at COS, in a frighfully worse version. The image speaks for itself. The return of anckle socks was already hard to swallow, so don’t go talking about grandma knee-length tights. Words fail me. But let us try and keep focus by not forgetting to notice that these 2.0 content stockings are accessorized by a severely buttoned up shirt, a totally under control hair and a The Ring-like expression. Compared to such a severity, budget austerity is a joke.

3. Louis Vuitton and the consecration of the bag-like style.

LouisVuittonFW1213

Chez Louis Vuitton, le moche ne prend pas la peine de se cacher derrière l’argument de l’épure et du less is more. Sous prétexte de s’inspirer des héroïnes edwardiennes de la série britannique Downton Abbey, on ressort les manteaux informes en grosse laine qui gratte de nos grands mères, et on célèbre le camaïeu caca d’oie. Comme ce n’était sans doute pas assez pour satisfaire son appétit de laideur, Marc Jacobs a aussi inventé cette chose en feutre flasque que l’on ne résiste pas à la tentation de désigner comme un chapeau-crotte. Sans oublier le come-back de l’escarpin à talon bobine, et le diktat le plus cruel de la saison: le port de la jupe sur le pantalon. Adieu silhouette, adieu style… Adieu, XXIème siècle.

And at Louis Vuitton, ugliness doesn’t even make the effort of hiding behind a less-is-more excuse. Pretexting that he found inspiration in the edwardian heroines of the British TV show Downton Abbey, Marc Jacobs designed shapeless woolen coats, and uses a greeny-yellow cameo. Since it was probably not enough to meet with his hunger for ugliness, the designer also created this flabby felt thing which we cannot resist calling a shit shaped hat. Not to mention the come-back of reel heels and the cruelest diktat of the season: wearing a skirt on top of your pants. Farewell elegance, farewel style… Farewell, 21st century.