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audrey-hepburn-cigaretteUne vraie question existentielle, quand on regarde nombre de photos iconiques de ces cent dernières années. Vous imaginez l’affiche de Breakfast at Tiffany’s sans le fume-cigarette? Beaucoup moins stylé. Et les photos de Helmut Newton sans cigarette? Beaucoup trop banal. Sur un cliché comme dans la vie, la cigarette semble être un  détail qui finit la silhouette. D’abord parce qu’elle donne une contenance, ensuite à cause du halo mystérieux de sa fumée. Et je vous fait grâce du topo sur le potentiel érotique de tout ça, vous avez compris.

Peut-être que vous êtes comme moi et que vous pensiez que, avec les lois anti-tabac plus les photos gores de cancéreux subclaquants apposées sur les paquets, le côté stylé de la cigarette n’était plus un argument de vente suffisant. Faites donc un tour en Russie, et détrompez-vous. Ici, le prix moyen du paquet est d’un euro environ, on peut encore fumer dans les bars, et la plupart des moins de trente ans fument. La cigarette a conservé l’aura de produit de luxe qu’elle avait au début des années 1990, et pour les femmes elle demeure un accessoire glamour.

Un VRAI accessoire. Au même titre que, disons, la pochette de soirée. Et comme la publicité pour la cigarette est autorisée, l’argument est avancé avec une naïveté impressionnante dans les magazines féminins. Echantillon.

Davidoff boudoir, la cigarette de Barbie.

Is cigarette just another fashion accessory?

A real existential question, when you look at the numerous iconic photographs of these last decades. Can you imagine Breakfast at Tiffany’s without the cigarette? So much less stylish. And Helmut Newton’s pictures without cigarettes? Way too common. In a picture as in life, it seems that cigarettes are the last touch on an outfit. First because it hides one’s embarrassement, secondly because of the mysterious halo of the smoke. And I am not even talking about the erotic potential of all that, you know what I mean.

Maybe you are like me and you thought that, with anti smoking laws and gore pictures of dying people on cigarette packets, the stylishness of smoking was not a sufficient selling point. Go to Russia and you will see how wrong you are. Here, the average price of a packet is one euro, smoking in bars and clubs is still allowed and most of the people under thirty smoke. Cigarettes have kept the luxury product aura that they used to have in the beginning of the 1990’s, and for women it remains a glamourous accessory.

A REAl accessory, like, for instance, a clutch. And since advertising is allowed for cigarettes, this selling point is phrased in the most naive simplicity.

Davidoff Boudoir, Barbie’s cigarettes.

DavidoffSlimsBarbie« Superfine et élégantes », dit la pub. Et c’est vrai qu’à le regarder de plus près, on pourrait croire que ce paquet rose à effet capitonné est le fruit d’une collection capsule entre la marque de cigarettes et Chantal Thomass – elle a bien décoré des cafetières, alors après tout pourquoi pas. Ou plus précisément, ce paquet pourrait bien être le fils caché d’un paquet de clope lambda et du sac Chanel de Barbie.

« Superslim and elegants » says the ad. And it is true that when you take a closer look at it, this pink packet with a padded effect could have been the result of a collaboration between the brand and Chantal Thomass – she already customized coffee machines, so after all, why not. Or more precisely, this packet could be the natural child of an average cigarettes packet and Barbie’s Chanel clutch.

DavidoffChaleBoudoir

Des cigarettes pour femmes-Barbies, un paquet qui se prend pour une pochette de soirée: ils savent vrendre, chez Davidoff. A quand du tabac rose?

« Va chercher style dans ton paquet de clopes »

Et ne croyez pas que cette pub Davidoff est un cas isolé. En ouvrant un magazine féminin russe, on se rend très vite compte que toutes les marques de cigarette jouent de l’argument de la féminité, si cher aux femmes russes, à grand coup de rose bonbon, de mini-format et de « slimness ». La palme d’or du matraquage revient à Glamour Minislims, qui s’est offert un publi reportage dans Elle – vous savez, ces pubs déguisées en articles – sous forme de reportage mode.

Cigarettes for Barbie-girls, a packet that looks like a glamourous clutch: they know how to sell, at Davidoff’s. How about pink tobacco?

Go find style in your cigarettes packet.

This Davidoff ad is not an isolated case. When you open a russian women magazine, you quickly realize that all cigarette brands use the argument of feminity with a lot of pink, mini sizes and slimness. The golden palm should be awarded to Glamour Minislims, a brand that invested in an advertorial in Elle – you know, these ads disguised into articles – under the form of a fashion article.

PublireportageElle

On vous explique le plus simplement du monde que ce paquet, c’est « un grand style dans un mini format », et une compilation des dernières tendance. De l’or publicitaire en barre.

It is very simply explained that this packet is « high style in a mini size », and a mere compilation of the latest trends. Pure advertising gold.