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SéebergerLongchamp1938

Longchamp, 1938

Désolée, Dieu Scott Schumann, tu n’es pas le premier a avoir eu l’idée de faire le trottoir. Les Sartorialistes du début du XXème siècle sont les frères Séebreger, deux pros de la carte postale qui se mettent à shooter des modasseries à la demande du magazine La Mode pratique – on savait trouver des noms qui faisaient rêver, à l’époque. Ces deux photographes ont laissé près de quarante mille clichés à l’élégance surranée mais toujours inspirante.

Pas de photos en studio, de mannequins et de longues heures de préparation; les Séeberger vont shooter de vraies élégantes, sur le vif et en extérieur. Une révolution. Ciblant les lieux où se montrent les trendsetters de l’époque, ils commencent par arpenter l’allée des Acacias au Bois de Boulogne la promenade favorite des élégantes de ce début de siècle, les fans de Proust verront de quoi je veux parler. Le vêtement reste secondaire et les clichés s’apparentent encore au style carte postale.

Peter Sarstedt – Where do you go to my lovely

Sorry God Scott Schuman, you are not the first who had the idea to walk the streets. Back in the early 20th Century, the Sartorialists were the Séeberger brothers, two photographers specialized in poscards, who began to take Modasse pictures at the resquest of the fashion magazine « La Mode Pratique »  – « Practical fashion » in French, they could really find appealing titles at that time. Those two photographers left about fourty thousand pictures that show an outdated yet inspiring elegance.

No pictures taken in studios, no models, no preparation; the Séeberger immortalize real elegants from life and outdoor. A revolution. Targeting the places where trendsetters liked to be seen and admired, they began by working in the paths of Bois de Boulogne. Fans of Marcel Proust should know what I am referring to. Clothing remains secondary in these pictures which are still influenced by postcards aesthetics. 

SéebergerBoulogne1909

Bois de Boulogne, 1909

Viennent ensuite les champs de courses, où les photographes immortalisent les chapeaux les plus extravagants et les tenues les plus élégantes du beau monde de l’époque. On met en valeur une tenue, on zoom sur le détail d’un sac ou d’un chapeau, les poses sont naturelles: tout l’esprit du street style est déjà là.

Then came race horses, where the two brothers found inspiration among the most extravagant hats and the most stylish outfits of their time. The stress is definitely put on the clothes, with some zooms on the detail of a bag or of a hat, the poses are natural: the spirit of street style as we know it is already there.

SéebergerDeauville1928

Robe Chanel, grand prix de Deauville, août 1928

Chanel dress, Deauville Grand Prix, august 1928

SéebergerLongchamp1926

Madame Yola Letellier, Grand Prix de Longchamp, juin 1926

Madame Yola Letellier, Longchamp Grand Prix, june 1926

SéebergerDeauville1938

Miss Scarlet Gresham aux courses de Deauville, août 1938. Avec un sac furieusement Olympia Le Tann dans l’esprit.

Miss Scarlet Gresham at the races of Deauville, august 1938. Wearing an incredibly Olympia-Le-Tann-like purse.

Les frères Séeberger finissent par suivre les migrations de ces reines du style jusque dans les lieux les plus hype de la villégiature de l’époque, de Deauville à Cannes en passant par Saint Moritz. Une vraie leçon de décontraction stylée.

The Séeberger brothers finally follow the migrations of those elegant ladies as far as the hypest places where they spent their holidays, from Deauville to Cannes or Saint Moritz. A real model of stylish casualness.

SéebergerDeauville1939

Modèles Hermès, Deauville, août 1939. Simplement intemporel.

Hermès models, Deauville, august 1939. Just timeless.

SéebergerBiarritz1930Madame Samuel Rochas, Biarritz, Septembre 1930. Insouciance, nonchalence, un petit goût d’oisiveté fizgeraldienne.

Madame Samuel Rochas, Biarritz, september 1930. Carefree attitude and nonchalence: something like fitzgeraldian idleness.

SéebergerDeauville1929Monsieur et Madame Paul Dubonnet, Deauville, juillet 1929. C’est ce que j’appelle maîtriser sa sortie de bain.

Monsieur et Madame Paul Dubonnet, Deauville, july 1929. So chic.