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Fur

Il caille assez pour qu’on lâche le scoop : la fourrure n’est plus politiquement incorrecte, et cet hiver elle risque même d’être partout. Constat cynique que celui de ce retour en force, quand on repense aux remous causés par les « antis » dans le monde de la mode il y a une petite dizaine d’années (vous vous souvenez de la fausse fourrure façon nounours de Chanel?). Retour sur les dessous d’un comeback.

#1 Un geste écolo. Si, si.

Dans le Vogue Paris d’octobre, la double page de pub ci-dessous prône le port de la fourrure. Et surprise, ce n’est même pas une blague de Greenpeace. Le très sérieux site wearefur.com est piloté par une association des professionnels du secteur, et milite pour le retour du poil avec trois arguments : la fourrure c’est beau, c’est naturel et c’est…éthique. Le site explique dans les détails que les bébés visons grandissent près de leur mère, que les exploitants sont respectés dans leur travail, que l’impact écologique de la production de fourrure est minime; on vous encourage même à recycler la fourrure de votre grand mère en la faisant retailler à votre goût. Un argumentaire qui tient plutôt la route. Reste à savoir quelle réalité se cache derrière.

Velvet Underground – Venus in furs

www.wearefur.com

Fur: a come back without complexes.

It has got cold enough to announce it: fur is no longer politically incorrect, and this winter it’s going to be everywhere. It is quite ironic when you think about the trouble caused in the fashion sphere a few years ago by the anti-fur activists (remember Chanel’s teddy bear-like faux fur?). Focus on the reasons of this come back.

#1 It’s ecologecol (!)

In the october issue of Vogue Paris, the advertisement below praises fur. And it is not a joke by Greenpeace. Wearefur.com is a very serious website, managed by an association of fur trade professionals, and it praises fur with three arguments: fur is beautiful, natural and.. ethical. They explain that baby minks grow up with their mothers, that people exploiting animals for their furs are respected in their work, that the ecological impact of fur production is minor; they even encourage you to recycle your old fur by having it made over. Quite a serious list of salespoint. 

wearfur.com

#2 Un héritage chic.

Sur les podiums, la fourrure semble s’être libérée de l’image blingo-putassière qui lui collait à la peau. Plus qu’une figure de l’ultra luxe, elle apparaît comme un patrimoine précieux que l’on se transmettrait de génération en génération. Une valeur sûre en somme, un investissement plus qu’une manière de flamber.

Chez Prada, les coupes sont intemporelles et les couleurs sobres, mise en scène dans des looks d’un autre âge, qui rappellent les années 1930, comme si c’était le manteau de son arrière grand mère qu’on ressortait d’une malle.

#2 A chic inheritance.

On the runways, fur seems to have released itself from the bling bling, bitchy image it used to be associated with. More than ultra luxurious, it looks like a precious inheritance that is passed on and on in the family, from one generation to another. A safe investment more than a way to show off.

At Prada, timeless cuts and natural colors are staged in retro looking outfits, reminding the style of the 1930’s, as if the models had just taken out their coats from their grandma’s closet.

PradaFW2013

Prada, automne-hiver 2013

Prada fall winter 2013

Même ambiance rétro chez Louis Vuitton, chez qui Marc Jacobs sort du placard des matières oubliées (le fameux astrakhan de mamita) et des proportions qui, il n’y a pas si longtemps que ça, nous auraient fait horreur : les épaules tombent un peu comme si le manteau était trop grand, la longueur arrive aux chevilles… La fourrure est une sorte de couette où l’on trouve refuge.

Same retro atmosphere at Louis Vuitton: Marc Jacobs dusts off forgotten kinds of fur (such as your grandma’s astrakhan) and proportions that would have horrified us a few seasons ago: the shoulders are loose, the legs are almost entirely covered… Fur looks like a cosy blanket.

LouisVuittonFW2013

Louis Vuitton automne hiver 2013

Louis Vuitton fall winter 2013

#3 Un animal, quel animal?

Autre manière de réhabiliter le port du poil : jouer au contraire sur l’ultra contemporain, dans des tons artificiels, quasi criards, avec des jeux de motifs. Une manière d’aborder le débat avec légèreté et décomplexion, avec un kitsch tape à l’oeil qui joue sur l’ambiguité entre vraie fourrure et poil synthétique.

La palme de l’excentricité velue revient incontestablement à Fendi, qui pense un total look velu aux accents fluos, du bijou de sac aux low boots, au cas où l’on craindrait de passer inaperçu.

#3 An animal, what animal?

Another way of restoring fur to favor: wearing it in a very contemporary way, with artificial and flashy colors, paying with prints.  A playful way to tackle the fur issue without any complex, with a show off sense of kitsch that suggests an ambiguity between authentic and faux fur.

The most excentric designs are by Fendi, with a total hairy look composed of a handbag, a charm, and even a pair of boots in case you were afraid of being unnoticed.

FendiFW2013-1

L’innommable sac baguette de Fendi, version hautement poilue.

Fendi‘s very hairy fur Baguette bag.

FendiFW2013-2

Low boots en poulain imprimé et vison. Ce sont les pieds d’Anna dello Russo qui vont être contents.

Printed ponyhair and mink boots. Anna dello Russo’s feet are going to be happy.

Chez Versace on pousse même le vice à teindre de la vraie fourrure avec un imprimé… fourrure, imitation léopard ou zèbre. Vertige sémiotique ultime (pardon) et gros bouclage de la boucle, ils sont malins ces créateurs quand même.

At Versace, authentic fur is tainted with…a fur print, imitating leopard or zebra. So semiotic! What genius those designers are.

VersaceFW2013

#4 Et pour celles qui n’osent pas…

Invention sublime et grotesque chez Cavalli : l’imprimé fourrure. Plus pointu que le motif léopard, plus subversif que l’imitation serpent, et surtout moins coûteux que la vraie fourrure.

#4 And for those who hesitate…

Sublime and grotesque invention at Cavalli: fur print. Edgier than leopard print, more subversive than snake print, and above all cheaper than authentic fur.

CavalliFW2013